Publié le 27.07.2024 | Rédigé par Cécile Caitucoli | 3 minutes de lecture
Changer de métier implique des coûts, notamment en formation professionnelle. L’insécurité financière constitue donc un obstacle fréquent. Pourtant, il est possible de se réorienter sans sacrifier son niveau de vie. En fait, pour faire une reconversion professionnelle sans perte de salaire, il faut planifier minutieusement cette nouvelle aventure. En effet, vous devez tenir compte du budget initial, des compétences à acquérir, des dispositifs de financement… Voici quelques conseils à suivre.
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La première étape consiste à savoir dans quels domaines se reconvertir. Cela peut passer par un bilan de compétences, à moins d’avoir déjà une vocation professionnelle affirmée. Ensuite, vous pourrez comparer les formations professionnelles cohérentes avec votre projet. La situation de salarié offre une sécurité que n’ont pas les demandeurs d’emploi. Elle peut vous permettre de mettre de l’argent de côté pour vous former.
D’ailleurs, c’est très précisément à cela que sert le compte personnel de formation (CPF). Il vous suit tout au long de votre vie professionnelle, indépendamment du contrat de travail. Ainsi, il peut inclure le solde des heures acquises lors de l’ancien système du DIF (droit individuel à la formation). Depuis 2019, le CPF est crédité directement en euros pour permettre au salarié de payer une formation. Par ailleurs, les salariés peuvent aussi s’appuyer sur d’autres aides à la reconversion.
Le projet de transition professionnelle, qui a remplacé le congé individuel de formation (CIF), permet de financer les formations éligibles au CPF. Il faut être salarié depuis 24 mois – pas forcément consécutifs – dont 12 mois au sein de l’entreprise. Cette ancienneté est prise en compte à la date de départ. Toutefois, on n’en tient pas compte pour les bénéficiaires de l’OETH (obligation d’emploi des travailleurs handicapés), ni en cas de licenciement économique.
Les CPIR (commissions paritaires interprofessionnelles régionales) prennent financièrement en charge ces projets de transition professionnelle. Autrefois, cette mission revenait au Fongecif, mais le dispositif a été réformé. Ces CPIR sont aussi appelées ATpro (associations Transitions Pro). Le salarié bénéficie d’une rémunération durant tout son congé de transition professionnelle. En cas d’action de formation à la fin d’un CDD (contrat à durée déterminée), vous avez droit à un maintien de rémunération si vous vous formez au plus tard 6 mois après la fin du CDD.
D’autres dispositifs de financement public de formation s’adressent aux salariés. Ainsi, la PRO-A – promotion sociale ou professionnelle – est une co-construction entre une entreprise et son salarié. Que vous soyez en CDD, en CDI (contrat à durée indéterminée) ou en CUI (contrat unique d’insertion), vous y avez droit.
Il y a néanmoins quelques conditions à respecter. Vous ne devez pas avoir atteint un niveau de qualification équivalent à un certification RNCP (répertoire national des certifications professionnelles) de niveau licence (Bac+3). En outre, pour être éligible, la formation doit vous faire acquérir, au choix :
La durée de la formation, son domaine et le lieu où elle se déroule figurent dans le contrat de travail sous forme d’avenant. Vous conservez un salaire durant toute cette période.
Le dispositif démissionnaire, vous concerne si vous êtes un salarié du privé avec un projet :
Il vous permet alors de percevoir l’allocation chômage tout en suivant une formation intégralement prise en charge. Néanmoins, il faut être en CDI, que ce soit à temps complet ou à temps partiel, et avoir travaillé pendant au moins cinq ans sans interruption. Cette expérience professionnelle peut avoir eu lieu chez un seul ou chez plusieurs employeurs.
Pour déposer votre demande, vous devez au préalable être accompagné par un conseiller en évolution professionnelle (CEP). C’est un service obligatoire, mais il est aussi gratuit et individuel. En fait, le CEP s’assure de la qualité et du sérieux de votre projet de reconversion. Dans tous les cas, le plan de formation ou de reconversion doit donc être solide.
En fonction de votre situation professionnelle et votre vie personnelle, vous pouvez peut-être choisir une transition progressive. Vous travaillez à temps partiel ou avec des horaires assez flexibles ? Alors, il vous est éventuellement possible de vous former en conservant votre emploi. Un salarié peut également se lancer dans l’entreprenariat tout en restant employé.
Les stages et le travail indépendant sont des moyens d’acquérir de l’expérience avant de se lancer, voire de réfléchir à son orientation professionnelle avant de la concrétiser. Cette période peut aussi servir à s’appuyer sur ses réseaux professionnels pour explorer de nouvelles opportunités. En résumé, vous attendez d’avoir assez de garanties pour vous consacrer entièrement à une nouvelle activité. Cependant, il convient de bien évaluer la charge de travail que cela représente.
Bien entendu, tout dépend de l’étendue de votre désir de changement. Il est parfois difficile de continuer à travailler dans un secteur d’activité qui ne débouche sur aucun épanouissement professionnel. Mieux vaut alors donner un nouvel élan à sa carrière ou se former au métier de ses rêves dès que possible. En définitive, la reconversion sans perte de salaire est à votre portée, à condition d’avoir bien réfléchi à votre projet professionnel.
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